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Aforismi

Pierre Lévy

Il diluvio informazionale

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Credo che le nuove tecnologie di comunicazione e, in particolare, le tecniche di comunicazione su supporto digitale aprano prospettive completamente nuove. Quello che tento di fare con questo libro è di vedere quali sono fra tutte le possibilità le più positive da un punto di vista sociale, culturale e politico. Mi sembra che se si può avere un progetto di civilizzazione, a partire dalle nuove possibilità che si aprono, è proprio questo dell'intelligenza collettiva. Che cos'è l'intelligenza collettiva? In primo luogo bisogna riconoscere che l'intelligenza è distribuita dovunque c'è umanità e che questa intelligenza, distribuita da per tutto, la si può valorizzare al massimo mediante le nuove tecniche e soprattutto metterla in sinergia per mezzo di queste tecniche, nel senso che, se qualcuno sa qualcosa qui e qualcun'altro sa un'altra cosa là e le loro conoscenze sono complementari possono entrare in comunicazione l'uno con l'altro, scambiare il loro sapere, cooperare. Detto in modo assai generale, per grandi linee, è questa in fondo l'intelligenza collettiva.
Certo l'educazione è qualcosa di costruito, di organico, animato da un certo spirito, eccetera. Ciò che succede qui è che si ha un'enorme massa di informazioni, anzi non soltanto una massa, un flusso di informazioni, ma un vero e proprio diluvio. Ho un amico, Royan Scott*, che dice: stiamo vivendo il secondo diluvio. Il primo diluvio è stato di acqua, il secondo è il diluvio dell'informazione. Dunque il problema è di sapere che cosa si deve salvare, che cosa si deve mettere nell'arca, come dovremo navigare. Il problema della navigazione nel cyber-spazio si presenta come navigazione dell'arca nel diluvio informazionale.E' bene esserne coscienti. Non potremo usare validamente tutti questi sistemi se non avremo degli strumenti per orientarci e filtrare l'informazione. Ma ce ne sono sempre di più, e questo è molto importante. In secondo luogo credo che il rapporto con il sapere sia completamente cambiato: viviamo in un'epoca in cui una persona, un piccolo gruppo, non può più controllare l'insieme delle conoscenze e farne un tutto organico. E' divenuto impossibile anche per un gruppo umano importante. Ciò vuol dire che la ricostituzione di un tutto organico, che abbia senso, non può essere fatta da individui o da piccoli gruppi. Dobbiamo imparare a costruire un rapporto con la conoscenza completamente nuovo . In un certo senso non è un male: dà molta più libertà all'individuo o al piccolo gruppo, ma certo è molto più difficile. Bisogna soltanto saper prendere partito. Se si resta con la nostalgia di una cultura ben costituita, organica, con la nostalgia di una totalità culturale, non se ne esce. La conoscenza, la cultura, è qualcosa che si sta definitivamente detotalizzando. Vi dicono: potrete avere accesso a tutte le informazioni, alla totalità delle informazioni, ma è proprio il contrario: adesso sapete che non avrete mai accesso alla totalità. Questo è il messaggio del cyber-spazio e voi dovete saper selezionare. Ritorno sull'intelligenza collettiva. Voi e il piccolo gruppo, a cui appartenete e con cui avete uno scambio più stretto, non potrete mai sapere tutto e quindi sarete, necessariamente, obbligati a fare appello ad altri. Nasce così la necessità di fare appello agli altri, alle conoscenze degli altri e alle loro capacità di navigazione: i messaggi che hanno più valore nel cyber-spazio sono quelli che vi aiutano a trovare dei riferimenti, a orientarvi, quelli che hanno meno valore sono quelli che aumentano la massa senza dare visibilità o trasparenza alle conoscenze disponibili. Vediamo il Word Wide Web, che è un caso molto interessante. Se mettete un documento sul Word Wide Web, fate due cose insieme: primo, aumentate l'informazione disponibile, ma in secondo luogo, fate anche un'altra cosa: con i nessi che stabilite tra il vostro documento e l'insieme degli altri, voi offrite al navigatore che arriverà su quel documento il vostro punto di vista. Quindi non soltanto aumentate l'informazione, ma inoltre offrite un punto di vista sull'insieme dell'informazione. Che cos'è ilWord Wide Web? Non è soltanto una enorme massa di informazione, è l'articolazione di migliaia di punti di vista diversi. Bisogna considerarlo anche sotto questo aspetto.

 

Je crois que les nouvelles technologies de communication et en particulier les techniques de communication à support numérique ouvrent des perspectives complètement nouvelles et ce que j'essaye de faire dans ce livre c'est de voir quelles sont parmi toutes les possibilités qui sont celles qui sont les plus positives d'un point de vue social, culturel et politique, et il me semble que vraiment si on pouvait avoir un projet de civilisation à partir de ces nouvelles possibilités qui s'ouvrent à nous, c'est le projet de l'intelligence collective. Alors qu'est que c'est que l'intelligence collective? Ben, c'est au fond d'abord de reconnaître que l'intelligence est distribuée partout où il y a de l'humanité, et que cette intelligence qui est partout distribuée, on peut la valoriser au maximum par le moyen de ces techniques et puis surtout la mettre en synergie au moyen de ces techniques, c'est à dire que si quelqu'un sait quelque chose ici, que quelqu'un d'autre sait autre chose là-bas et que ces connaissances sont complémentaires mais que les gens peuvent entrer en communication l'un avec l'autre échanger leur savoir, coopérer, voilà c'est ça au fond l'intelligence collective, dit de manière très générale, très grossière.

Ce qui se passe c'est que vous avez une immense masse d'informations, pas seulement une masse, on peut dire un flux, un flot d'informations, et même un déluge d'informations. J'ai un ami *Royan Scott qui dit: on vit le deuxième déluge; le premier déluge c'était l'eau, le deuxième déluge c'est le déluge d'informations. Donc le problème c'est de savoir qu'est-ce qu'on sauve, qu'est-ce qu'on va mettre dans l'arche, comment on va naviguer, ce problème de navigation dans le cyberespace c'est la navigation de l'arche au fond, dans le déluge informationnel, ça il faut bien en être conscient, on ne pourra, valablement, utiliser tous ces systèmes que si on a des instruments d'orientation et de philtrage, ça c'est très important. Deuxième..et on commence à en avoir de plus en plus,.. deuxièmement je crois que le rapport au savoir est complètement transformé, on est à une époque où on ne peut plus, où une personne, un petit groupe etc. ne peut plus maîtriser l'ensemble de la connaissance et en faire un tout organique, ça ça devient impossible au niveau d'un groupe humain important. C'est à dire que la reconstitution d'un tout organique qui a du sens ne peut être fait que par des individus ou par des petits groupes; et ça c'est un rapport à la connaissance complètement nouveau qu'il nous faut apprendre à construire. D'une certaine manière c'est pas plus mal, ça donne beaucoup plus de liberté à l'individu ou au petit groupe, mais bien sûr, c'est beaucoup plus difficile. Il faut absolument prendre son parti, c'est à dire si on reste avec la nostalgie d'une espèce de culture bien constituée, organique, avec une espèce de totalité culturelle, on s'en sortira pas; la connaissance, la culture c'est quelque chose qui est définitivement en train de se détotaliser ; on vous dit: vous allez avoir accès à toutes les informations, à la totalité.., c'est le contraire, c'est à dire que définitivement vous savez que vous n'aurez jamais accès à la totalité, c'est ça le message du cyberespace et donc que vous allez devoir sélectionner. Et je retombe sur l'intelligence collective, c'est à dire que vous et le petit groupe auquel vous allez appartenir et avec qui vous allez échanger de manière étroite, vous ne pourrez jamais tout savoir, donc vous serez forcément obligés de faire appel à d'autres. C'est donc la nécessité de faire appel aux autres, de faire appel aussi aux connaissances des autres et à leurs capacités de navigation, eux-mêmes, c'est à dire les messages qui ont le plus de valeur dans le cyberespace, sont les messages qui vous aident à vous repérer et qui vous aident à vous orienter, ceux qui ont le moins de valeur c'est ceux qui ajoutent à la masse sans donner de visibilité ou de transparence sur les connaissances disponibles et si on regarde le Word Wide Web, par exemple, c'est un cas très intéressant: vous mettez un document sur le Word Wide Web, vous faites deux choses: une chose, vous augmentez l'information disponible, bon, mais vous faites une deuxième chose par les liens que vous construisez entre votre document et l'ensemble des autres, vous offrez aux navigateurs qui vont arriver sur votre document, votre point de vue sur l'ensemble. Donc vous n'augmentez pas seulement l'information, vous donnez en plus un point de vue sur l'ensemble de l'information et qu'est-ce que c'est le Word Wide Web? ce n'est pas seulement une immense masse d'informations, c'est l'articulation de milliers de point de vue différents. Et il faut aussi le voir comme ça.


Biografia di Pierre Lévy

Leggi l'intervista da cui è stato tratto questo aforisma

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