Jean Claude Margolin

Erasmo e la memoria vera

 

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===Penso che vi sia, forse, una sorta di squilibrio tra la critica dell'oblio che Erasmo fa nell'"Elogio della Follia" e l'elogio della memoria che si trova, per esempio, nei trattati pedagogici o in un "Colloquio" consacrato appunto alla memoria, in cui egli oppone alla memoria artificiale, ai mezzi mnemotecnici delle "artes memoriae", la memoria vera. Io penso che l'oblio, nell'"Elogio della Follia", è il non prendersi cura , in senso forte, da parte dell'uomo dei suoi doveri verso il prossimo e verso Dio. L'oblio sarebbe grave quasi quanto i sette peccati capitali i quali furono rappresentati in quegli anni dal pittore Jerome Bosch e in cui l'oblio è la perdita di coscienza, l'oblio in senso veramente forte. La memoria - egli l'ha definita - come "thesaurus lectionis" "il tesoro della lettura". La memoria è ciò che bisogna ricordare, ed egli insegna ai suoi allievi a mettere a margine delle piccole note, ad approfondire bene un argomento. Nel "Colloquio" di cui ho fatto menzione, in cui uno dei personaggi è lui stesso e l ‘altro, colui che lo interroga, è un suo figlioccio, il giovane Erasmius che era il più giovane figlio di Froben. Il giovane, dicevo, è pieno di ammirazione per quelle che si chiamavano "Artes memoriae", cioè tutti i mezzi mnemotecnici, mediante immagini, posizione, ecc., mentre Erasmo è pieno d'ironia verso questa memoria falsa, artificiale: la vera memoria è l'approfondimento. Ne è prova la sua critica piena di sarcasmo verso il famoso progetto di Giulio Camillo, il teatro di Giulio Camillo, che doveva rappresentare, a partire da Cicerone, tutto ciò che l'uomo poteva sapere attraverso delle figurazioni molto abili di porte e di finestre. Ebbene, Erasmo considera che ciò non è la vera memoria. La memoria a cui egli dà importanza è quella che approfondisce e che, attraverso parole sottolineate con delle piccole note, con piccole croci, condensa l'essenziale. Ciò che egli insegnava ai suoi allievi, nei suoi libri, era la possibilità di fare un riassunto, un compendio da sviluppare secondo la tecnica della "copia verborum". Io credo effettivamente che la memoria gioca un ruolo capitale nella pedagogia di Erasmo.

Je pense qu'il y a peut-être une sorte de déséquilibre entre la critique de l'oubli dans "l'éloge de la folie" et l'éloge de la mémoire que l'on trouve par exemple dans des traités pédagogiques, ou dans un "Colloque" n'est-ce pas, consacré précisément à la mémoire, où il oppose la mémoire artificielle, les moyens mnémo-techniques des "artes memoriae" et la vraie mémoire. Je pense que l'oubli dans "l'éloge de la folie" c'est précisément l'insouciance au sens fort, c'est l'oubli par l'homme de ses devoirs d'homme envers son prochain et envers Dieu. L'oubli serait presque aussi grave que l'un des sept péchés capitaux qu'à l'époque Jérôme Boche avait représenté et où l'oubli c'est la perte de conscience - alors là l'oubli a un sens vraiment fort - la mémoire il l'a définie quelque part comme étant le "thesarus lectionis" "le trésor de la lecture". La mémoire c'est ce que l'on doit retenir, et il enseigne à ses élèves, n'est-ce pas, à mettre en marge des petites notes, à bien approfondir quelque chose, et dans le colloque auquel j'ai fait allusion et où l'un des personnages c'est lui-même et celui qui l'interroge c'est son filleul, le jeune Erasmius qui était le plus jeune fils de Freuben et dont Erasme avait accepté d'être le parrain, le jeune garçon est plein d'admiration pour ce qu'on appelle les "Artes Memoriae" c'est-à-dire tous les moyens mnémo-techniques par les images, par la position etc... Erasme est plein d'ironie à l'égard de cette mémoire fausse, artificielle, la vraie mémoire c'est l'approfondissement et j'en veux pour preuve sa critique pleine d'ironie à l'égard du fameux projet de Giulio Camillo, n'est-ce pas "le Théâtre" de Giulio Camillo qui devait représenter à partir de Cicéron tout ce que l'homme pouvait savoir par une, par, comment dirais-je, des figurations très habiles des portes et des fenêtres. Et bien Erasme considère que ce n'est pas la vraie mémoire. La mémoire à laquelle il attache une importance c'est celle qui approfondie, n'est-ce pas, et qui par des mots soulignés, par des petites notes, par des petites croix condensent l'essentiel. Ce qu'il apprenait à ses élèves dans ses livres, c'était n'est-ce pas la possibilité de faire un condensé, de faire un résumé et ensuite de développer selon la technique de la "copia verborum". Alors je crois effectivement que la mémoire joue un rôle capital dans la pédagogie d'Erasme.===